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Maurice




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Certains journalistes TV ne se mouchent pas du pied

Ils vous envoient un mail. Ils ont besoin de vous parler au téléphone, vite, très vite, ça ne peut pas attendre. Vous demandez des renseignements par courrier électronique pour savoir un peu de quoi il retourne, quel est le projet d'émission pour lequel on souhaite vous interroger, normal avant de confier votre numéro de téléphone perso... Et les voilà qui s'agitent, qui montent sur leur grands chevaux. "Mais enfin, plaisantez-vous, je suis journaliste TV, je travaille pour M6, je n'ai pas de temps à perdre, moi."

Moi non plus !

"Je me moque que vous fassiez de la TV ou quoi que ce soit d'autre, ai-je répondu à la dernière journaliste en date, je ne suis ni à vos ordres ni à votre service." Non mais alors, pour qui se prennent-ils ?

Il faut dire, à leur décharge, que nombre d'auteurs vendraient leur âme au diable pour traîner leurs guêtres sur des plateaux de télé. Ce qu'ils ignorent souvent c'est que, neuf fois sur dix, les journalistes ne les contactent pas pour les inviter dans une émission ou parce qu'ils ont eu leurs livres, mais pour recueillir des informations, glaner ce qui se dit ici ou là,  trouver l'inspiration et que je te passe de la pommade...  Ensuite, c'est au-revoir et merci. Naturellement, on vous tiendra au courant... AM


Mars et Vénus sont sur un bateau

Ce n'est une nouvelle pour personne : les hommes et les femmes présentent quelques différences physiques et biologiques. Différences somme toute minimes au regard de leurs nombreux points de similitude. Un homme ressemble davantage à une femme qu'un éléphant à une girafe. Et pourtant ces deux derniers mammifères résident sur une même planète.

Pour le genre humain, les choses sont plus compliquées puisque - si l'on en croit Gray John - les hommes viendraient de Vénus, les femmes de Mars. Pour qu'une rencontre demeure possible, au travail, au lit ou ailleurs, consommer les écrits dogmatiques de Gray John ressemble à un passage obligé. Ses livres ont d'ailleurs fait le tour de la terre en même temps que la fortune de leur auteur. Reste à savoir ce que l'intelligence humaine a gagné au passage. A notre avis pas grand-chose...

En effet, que peut bien nous apporter ce clivage symétrique entre les hommes et les femmes et la profusion d'ouvrages de cette farine ? Chacun sait qu'aux premiers jours de notre existence, nous sommes indifférenciés et que par la suite on retrouve un peu de genre féminin chez la femme et un peu de genre masculin chez l'homme. Les deux archétypes animus-anima de Jung ou encore le yin et le yang chinois expriment d'ailleurs bien ce dualisme universel.

On peut jeter les livres de John Gray et occuper son temps libre à s'interroger sur les raisons qui nous ont conduits à les acheter !

Des auteurs comme Catherine Vidal, neurologiste à l'Institut Pasteur (lire d'elle "Cerveau, sexe et pouvoir" paru chez Belin) dénoncent le fait que l'on attribue un peu hâtivement un sexe au cerveau. Aucune base scientifique sérieuse ne permet d'accréditer une "programmation" neuronale sexuelle prédéterminée et les chercheurs n'observent pas de différences d'activation cérébrale entre les sexes. Hommes ou femmes, c'est notre histoire individuelle qui façonne notre cerveau tout au long de la vie. Et les facteurs sociaux et culturels jouent un rôle majeur dans ce façonnage. Pour notre part, nous nous refusons à poser des limites et des différences de capacité entre les hommes et les femmes. Nous avons la conviction que l'intelligence de l'autre passe par le respect de toutes les différences, de toutes les singularités et que les individus sont largement au-delà des étiquettes, y compris sexuelles, qui prétendent les décrire ou les catégoriser. Les livres Mars et Vénus ressemblent à un retour idéologique sexiste aux relents de hamburger. On peut jeter les livres de Gray John et occuper son temps libre à s'interroger sur les raisons qui nous ont conduits à les acheter ! AM